jeudi 27 mars 2014

Ce monde dans lequel on vit

Ce matin, je révisai mon DS de géo (en fait, je terminai de recopier les cours qu'une amie m'avait envoyés (c'est pas que je les note pas, c'est juste que je les perds)) quand ça m'a brusquement dégoûtée qu'on apprenne ça comme un cours de géo alors que ce sont des faits réels. Et horribles (le sujet, c'était l'Afrique)(il se passe pleins de choses pas cool en Afrique)(j'adore énoncer des évidences).

Le fait est que c'est un sujet d'étude comme la guerre froide, donc l'étudier en cours, why not, de façon "objective", why not, sauf que c'est actuel. En fait. Et je me suis dit : "mais, on le sait, on en est pleinement conscient, et, on fait rien ? Genre tout va bien tout est normal ? Ou alors, c'est culturel, ça aussi ?".
Bref, j'ai disjoncté en grattant mes petits fiches de révisions et en me disant "faut que je fasse un article plein de rage et de haine envers l'humanité".

Après, j'ai pris le train pour aller chez ma psy, et pour une fois, je décide de ne pas prendre de billet parce que j'étais en retard. 65€ pour à peine dix minutes de train, ça fait mal. Plus de la moitié de mon salaire de ce mois-ci. SNCF, je t'aime pas trop là (en plus tu me portes la poisse (mais ça vous le verrez plus bas)).

Sur la route de ma psy, y'avait une SDF à qui je donne souvent ma monnaie d'achetage de clope. Il me restait encore un peu de mes 15€ de salaire de la veille (cher gouvernement, arrête de jouer les faux-culs et dit-le clairement : tu veux rembourser la dette sur le dos des fumeurs. Si tu voulais vraiment que les gens arrêtent de fumer, tu interdirais le tabac. C'est tout. Bonsoir.), donc je lui ai donné un peu. Idem avec celui qui était vers l'église. Et celui assis devant la poste (dans la logique : pourquoi je donnerai à elle et pas à lui ?). J'ai eu un tout petit peu envie de péter un câble en voyant les gens qui me regardait d'un air plutôt amusé. Genre "totalement excentrique, la gamine aux cheveux roses.". Je vais chez ma psy, je ressors un poil vidée et toujours avec la même sensation de "quelque chose m'étouffe et me répugne". La SDF de devant la gare est toujours là, elle me demande une cigarette, je tilte qu'elle a dit cigarette dans une langue que je connais et qui n'est pas du français, je dis "Hablas español ?" elle dit "Si", je commence à parler avec elle, je saisi pas tout mais je la laisse parler avec des larmes dans la gorge et des gens qui me regardent encore plus comme une allumée quand j'accepte son invitation de m'asseoir par terre à ses côtés. Elle dit que ça fait du bien que quelqu'un s'arrête pour discuter avec elle, elle me parle de choses et d'autres, j'écoute, j'essaye de parler moi aussi malgré mon espagnol bancal, je lui dis que je dois aller prendre mon train (je savais pas dire train, alors j'ai dis bus), en partant je lui laisse tout ce qui traînait dans mon porte-monnaie (ce qui était trop peu. Mais c'est pas comme si je pouvais faire mieux. Puis je m'en foutais, la semaine prochaine j'ai mon salaire et mon argent de poche. Elle, a priori, s'en foutait pas du tout).

Je te jure, j'étais pratiquement en train de pleurer sur le chemin de la gare. Je trouvais ça horrible que ça puisse seulement exister. Et que les gens puissent autant fermer les yeux et s'y habituer. Je conçois parfaitement qu'on soit à deux euros près, qu'on ait une famille à nourrir, un loyer à payer, et tout et tout. Mais le petit homme d'affaire qui passe à côté en jetant un regard de dégoût en parlant dans son Iphone dernier cri, va pas me faire croire qu'il est à deux euros près.

Arrivée à la gare, je me roule une clope histoire de faire redescendre les larmes à l'intérieur de moi. Je vais voir quand passe le prochain train, génial, à dix minutes j'ai raté celui qui m'aurait ramenée et je dois attendre trois quarts d'heures. Je retourne dehors. Je fume, un mec sur le quai d'en face dit "bonjour ! ça va ?" à une personne qui semble être à côté de moi, on se regarde tous entre nous, personne ne sait à qui il parle. Je vois qu'il se déplace pour changer de quai, je me dis "j'ai déjà donné dans les gens chelou sur ce même banc, on va pas prendre de risques, on va rentrer". J'ai ouvert mon petit bouquin de Tolstoï et j'ai lu.
Devine qui vient s'asseoir à côté de moi. Qui me tape la discute. Qui me taxe une clope. Qui me dit "on va fumer dehors ?". Qui je suis en me disant que dehors, peut-être que les gens réagiront. Qui me parle en me disant de ne pas paniquer. Qui commence à me toucher la cuisse. Qui je repousse tout en continuant à discuter normalement avec les gens par sms. Qui essaye de fourrer sa langue dans ma bouche en me touchant les seins d'une main.
Je n'hurle pas. Personne ne réagis autour, personne n'a vu. Je pars. Juste, je pars. Sans courir, sans hurler ou quoi que ce soit. J'ai envie de vomir. Il ne me suis pas. Je re-rentre dans le bâtiment avec tout mon être qui tremble et une envie de courir, vomir, hurler, arracher toute ma peau. Je m'assoie juste. J'envoie un message. J'ai besoin de me réfugier au moins mentalement auprès d'un ami. 
Son train arrive et il disparaît. Le mien aussi. Je monte dedans, avec un billet cette fois. Je tremble toujours. J'arrive au lycée et j'ai désespérément besoin de parler à un être humain et d'être rassurée. Je retrouve mes amis. Mes jambes ne cessent pas de trembler et j'ai de plus en plus envie de me mettre à pleurer. Je relis le croquis que je connais déjà par cœur juste pour occuper mon cerveau. Je monte en histoire parce que j'ai un DS mais j'ai plutôt envie de m'en aller. Je fais mon DS avec le bras qui tressaute comme lors d'une crise de spasmo. J'appuie tellement fort sur mon crayon qu'on voit tous les traits de quand je colorie. Je répond n'importe quoi aux questions, je fais des longues phrases juste pour pouvoir écrire. J'écris comme un encéphalogramme fou, avec mes lettres déjà moches à la base qui tressautent à la limite du lisible. Je balance mes connaissances en vrac. Je m'en fous. Je m'en fous que ce soit illisible ou moche ou incompréhensible. Je me dégoûte.
Je me dégoûte parce qu'insidieusement la pensée qui a rampée dans mon crâne c'est que je l'avais bien cherché, avec mes cheveux roses et ma robe. Qu'il y avait d'autres femmes, sur le quai de la gare, d'autres dans la gare, et que si c'était tombé sur moi c'est que c'était mérité. Et que quelqu'un de normal aurait crié, se serait défendu, 
On m'a remit les idées en place en me disant que c'était pas exactement moi le problème mais plutôt le type, là, sur ce foutu banc. Je ne remercierai jamais assez cette personne. 

Au final, je suis toujours autant en colère. En colère d'avoir pensé que j'avais mérité ce qui m'était arrivé. En colère d'avoir trouvé personne pour réagir. En colère des événements du matin. En colère contre le monde entier.
Pourquoi c'est au consommateur de faire attention à tout ce qu'il achète afin que ce soit éthique ? Pourquoi c'est pas simplement normal pour les entreprises de ne pas envoyer des gens à la mort pour tel ou tel produit ? Pourquoi c'est plus fréquent de recevoir une insulte qu'un bonjour dans la rue ? Pourquoi on tolère des pratiques comme l'excision avec comme seul argument en faveur de la chose "c'est culturel" ? Pourquoi la démocratie ne se sert-elle jamais du seul outil démocratique dont elle dispose ?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi...tant d'injustice. Trop peu de solutions.

Oh me! Oh life! of the questions of these recurring,
Of the endless trains of the faithless, of cities fill’d with the foolish,
Of myself forever reproaching myself, (for who more foolish than I, and who more faithless?)
Of eyes that vainly crave the light, of the objects mean, of the struggle ever renew’d,
Of the poor results of all, of the plodding and sordid crowds I see around me,
Of the empty and useless years of the rest, with the rest me intertwined,
The question, O me! so sad, recurring—What good amid these, O me, O life?
                                       Answer.
That you are here—that life exists and identity,
That the powerful play goes on, and you may contribute a verse.

Walt Whitman.

lundi 17 mars 2014

L'été dernier

J'étais dans la ville d'à côté, je revenais de chez ma psy. Comme l'été, je croise jamais personne, j'avais sorti le rouge à lèvre violet (c'était ma période rouge à lèvre violet (avec les cheveux bleus électriques, ça claquait)), le collant en résille fine parce qu'il faisait chaud, une mini-jupe (enfin, genre mi-cuisse quoi), un débardeur et ma veste en cuir (il se trouve que je crame au bout de dix minutes de soleil). J'arrivais donc à la gare pour rentrer chez moi, un type me dit que je suis jolie et qu'il aime mes cheveux bleus, je dis merci en baissant la tête (trop de timidité), je vérifie si le train s'arrête bien dans ma ville, je reviens sur mes pas, le type me demande si je suis perdue, je dis "non non" et je m'assois pour rouler une clope. Il m'en tend une de son paquet, que je prend, parce que toute clope gratuite est bonne à prendre, je sors mes allumettes de ma poche (c'était la pauvreté à l'époque), il se colle à moi pour me l'allumer avec son briquet, je dis merci, m'écarte, sort mon livre et commence à le lire.

 Il essaye d'entamer la conversation, me demande mon âge, je lui dis que j'ai 16 ans, il me dit qu'il en a 35, qu'il est ouvrier, se moque de mon bouquin et me sort que les études c'est un truc de fille, surtout les études de lettres. Il voit que je suis tendue, me dit qu'il faut pas que j'ai peur, je lui répond assez froidement que j'ai pas l'habitude que des inconnus m'abordent, il me dit qu'avec un tel style je devrais pas être timide, le train arrive, je monte dedans, loin, loin de lui. Je me dis ouf, je prend mon bouquin mais j'arrive pas à lire, j'ai peur de le voir arriver, et en effet, il arrive (le gars s'est quand même tapé la moitié du train pour me retrouver), s'assoit à côté de moi (moi côté fenêtre, hein, genre "pas du tout d'échappatoire") sans me demander mon avis. Il me demande pourquoi je prend le train, je lui répond que je vais voir mon copain (c'était n'importe quoi, je rentrais juste chez moi). Il me demande si je suis avec lui depuis longtemps, je lui dit que ça fait deux ans (ça faisait genre deux semaines, mais on s'en fout, c'est un détail), il me demande si je tiens à lui, je lui dit plus que tout au monde, il me dit mais t'es jeune, faut profiter, faut pas se fixer déjà, je lui dis que je profite déjà en étant avec celui que j'aime.

 Il me demande mon numéro, je lui dis qu'il est nouveau et que je le connais pas. Il me dit t'as qu'à le chercher dans ton portable, je dis que je sais pas bien m'en servir et que je sais pas où le trouver (étrangement, jouer la carte de la débile a fonctionné). Comme je voulais absolument pas lui donner mon numéro (surprenant), j'ai détourné son attention en lui demandant le sien. J'osais pas juste dire "non, tu m'intéresses pas, t'es juste un pervers, tu me fais flipper" parce que j'étais une fille, parce que je pouvais pas m'enfuir, parce qu'il était plus fort que moi et parce que ça aurait juste pu empirer la situation et le rendre violent. Il me l'a donné et m'a dit de l'appeler direct, comme ça il avait mon numéro. J'ai paniqué mentalement mais j'ai continué à sourire et j'ai baratiné que j'avais plus de crédit. Il m'a dit "bah envoi un sms". J'ai dit que j'étais pas en sms illimités, que j'avais presque plus de forfait et qu'il fallait que j'envoie des messages à mon copain et à mes parents (genre "souvient toi, je suis mineure et en couple"). Mais je lui ai dit, "dès que j'ai du crédit, je t'envoie un message et on essaye de se voir" (note : il avait essayé de me proposer un café au début, que j'avais poliment refusé), pour faire genre "t'inquiète mec je cède, je cède". Le train est arrivé, il m'a laissé passée et je suis descendue.

Une fois sur le quai, j'ai du m'asseoir cinq minutes. J'avais les jambes qui tremblaient et une vague envie de vomir. J'ai envoyé un message au geek : "je viens de me faire draguer par une sorte de pervers super chelou en prenant le train". Il m'a répondu "c'est ça d'être bonne.". Paye ton soutient.



Pourquoi je vous parle de ça aujourd'hui, plus de six mois après ?
Parce qu'on a tous entendu parlé de l'agression sexuelle qu'a subit Jack Parker. Et que les réactions me dégoûtent. Sans me surprendre. 
C'est normal d'avoir peur si tu sors dans la rue seule la nuit. Si t'es une femme.
C'est normal de stresser quand tu prend le train/le métro/le rer/le tram seule en compagnie d'hommes.
C'est normal de pas pouvoir porter les vêtements qu'on veut sans se faire siffler.
C'est normal de se dire "ha non je met pas de jupe je passe dans un endroit qui craint".
Pas de talons, je pourrais me faire agresser et avoir besoin de courir.
Normal qu'il y ait des cours de self-défense spécial femmes mais pas pour hommes.

ça me dégoûte.
ça me dégoûte de voir que la seule solution qu'on me propose c'est de me cacher sous un tas de vêtements qui ne suffisent pas toujours à éloigner la menace.
ça me dégoûte qu'on considère les femmes comme des proies, et qu'elles-mêmes doivent se considérer comme ça.

GENRE C'EST NORMAL !

 Les femmes ont le droit de vote. Le droit d'avorter. De prendre la pilule. D'avoir des enfants hors-mariage. D'être indépendantes financièrement.
Mais pas de marcher dans la rue en jupe.
Bravo la société.

samedi 15 mars 2014

Faites une choses par jour qui vous terrifie

Eleanore Roosevelt.

Cette phrase, j'ai décidé dès que je l'ai lue d'en faire ma devise. Elle est écrite sur mes murs, juste à côté de la porte, comme ça je la vois tout le temps.

La relire me rappelle à quel point je suis lâche, des fois. Il est plus facile de contrôler ma terreur de la nourriture en développant des milliards de tocs liés à celle-ci plutôt que de m'avouer que je n'ai toujours pas réglé mon problème. Il m'est plus facile de devenir obsessionnelle de la propreté et du rangement plutôt que de m'avouer que c'est le désordre qui règne dans ma tête qui m'angoisse et que je voudrais ranger.
Il m'est plus facile d'esquiver tout ce qui me fait peur plutôt que de l'affronter.

Ma plus grande peur, c'est d'échouer.
Je ne fais rien si je ne suis pas sûre de réussir. Je me suis mise au tir à l'arc parce que j'ai tout de suite été douée, par exemple. Et j'ai évité le pas de tir pendant un mois parce que je savais que j'allais tirer comme un pied (quand tu as des problèmes, tu dois les laisser en dehors du pas de tir. Sinon, tu deviens mauvais).
Le problème avec ça, c'est que comme le dit le proverbe : "qui ne risque rien n'a rien". Je ne prend pas de risques. Donc je n'ai rien.

J'en ai assez. Je veux faire quelque chose de ma vie. Je refuse de me laisser gouverner par la peur encore une fois. J'en ai marre de céder devant toute mes phobies. J'en ai assez de considérer comme absolument normal de prendre 20 minutes pour démarrer une machine à laver, juste histoire que les boutons soient enclenchés correctement (genre, une fois, ça suffit pas. Des dizaines, c'est mieux). J'en ai assez de devoir manger à heures fixes. J'en ai assez de repousser toujours le moment où j'avancerai mon roman. Idem pour le moment où je veux écrire un article (il se trouve que j'ai peur d'écrire des choses nulles). Assez de ranger mon plateau de self et de passer pour une folle ultra maniaque (ce que je suis un peu, en fait). Assez d'être incapable de parler aux gens. Assez de devoir prendre deux douches par jours.

Alors je vais faire ce que j'ai fais il y a longtemps et qui m'a permis de doucement sortir de mon agoraphobie. Une chose terrifiante par jour. Parce qu'on n'avance pas en reculant devant les obstacles.


mercredi 5 mars 2014

Le jour où j'ai vraiment voulu avoir les cheveux roses

Le rose, c'est une couleur de cheveux que j'ai déjà porté souvent. Entre mon rouge qui délavait (le Poppy Red de directions, il délave en rose (au cas où quelqu'un ai envie de se retrouver avec les tifs rouge perruque (c'était très beau))), le passage du rouge au blond blanc qui nécessitait une violente décoloration du rouge, on peut dire que je me suis baladé pas mal de temps avec les tifs roses. Mais c'était jamais voulu.
Puis là, ma couleur devenait moche (en même temps, trois mois sans la refaire, tu t'attendais à quoi, cocotte ?), je traînais sur pinterest, j'ai vu des cheveux multicolores-pastel-tellement beaux que t'en peux plus, je me suis dit "et si je changeais de couleur ?", je suis allée sur colormania (ils sont cools, si tu commandes chez eux tu as des carambars), j'ai cherché dans le bleu, j'ai dit que j'en avais marre du bleu, j'ai cherché dans le violet, mais ça me va pas le violet, le rouge c'était trop banal, le vert trop chiant à accorder à mes vêtements, j'ai cherché dans le orange mais avec mes résidus de bleu ça allait être trop chiant à faire sans bousiller mes pointes, puis j'ai vu le rose. J'ai fait "why not ?". J'ai commandé le même kit de décoloration qui m'avait servit à faire mon premier rouge et puis rouler jeunesse.

L'emballage me fait penser à un truc nucléaire, va savoir pourquoi.
Donc je partais de ça, niveau couleur de veuch :


Ouais, mes cheveux sont des rebelles qui refusent toute forme de domestication. Pour me venger, j'ai mélangé un sachet de poudre décolorante blanche (d'habitude, j'utilise de la bleu que je prend chez le grossiste, mais bon) avec la moitié de la bouteille d'oxydant, et j'ai galéré à en mettre bien partout sauf sur les pointes.
Du coup, j'en ai mis sur les pointes, et j'ai raté des endroits de ma tête. Forcément.


J'ai jamais autant foiré ma déco. Ha, si en fait. Je foire toujours mes décos.
Bref, partant de là, j'avais deux options : re-décolorer, tenter un toner pour atténuer ce jaune pisse teinté d'orange.
J'ai tenté un toner. Pas de résultat. 
J'ai dit fuck, j'ai plongé les mains dans la teinture, je me suis dit que d'habitude elle sentait meilleure leur teinture chez Directions, j'ai collé le truc sur ma tête, j'ai attendu, attendu, c'était super foncé, j'avais peur et...

Tadaaaa !!

C'est fushia, bordel.


jeudi 27 février 2014

Through the darkest hours

If I leave here tomorrow
Would you still remember me ?
For I must be travelling on now
'Cause there are to many places I've got to see
And if I stay here with you girl
Things just couldn't be the same
'Cause I'm free as a bird now
And this bird you cannot change

Free bird, Lynyrd Skynyrd

(Si je pars d'ici demain
Te souviendras-tu encore de moi ?
Je dois voyager maintenant
Car il y a trop d'endroits que je dois voir
Et si je reste ici avec toi
Les choses ne pourront juste pas être les même
Car je suis libre comme un oiseau maintenant
Et tu ne peux pas changer cet oiseau)

J'ai écouté en boucle cette chanson quand le geek m'a quittée. Parce qu'elle me faisait tellement penser à lui. J'ai versé des litres de larmes l'écoutant. Je la connais par cœur et l'écouter me fait toujours autant pleurer.
Cette rupture a été horrible à surmonter.
Cette rupture est horrible à surmonter.

J'ai toujours le même sentiment de solitude qui m'écrase de tous les côtés et qui me bloque la gorge au point de me faire suffoquer dans mes sanglots. Je pleure toujours perchée la nuit sur ma fenêtre, une cigarette dans la main, et je murmure toujours son prénom comme s'il allait se passer quelque chose et que toute la souffrance allait s'effacer et que d'un coup ces quatre mois sans lui allait se retrouver aussi irréels qu'un de mes cauchemars.

Je n'ai toujours pas effacé ses messages, des fois je les relis en entier et je pleure et je me souviens de comment c'était merveilleux à ce moment là. J'ai gardé les deux photos que j'ai prises de lui. Je me souviens particulièrement d'une, je l'avais prise pendant un de ces moments atroces où il était glacial avec moi, et où il m'avait dit "c'est bon, t'as finit d'espérer de l'affection ?". ça a été mon fond d'écran jusqu'à une semaine avant qu'il me quitte. Je l'avais enlevée le jour où pour nos trois mois il avait refusé de venir chez moi. J'évoque toujours plein de bons souvenirs de quand j'étais avec lui et je parle toujours beaucoup de lui parce que j'ai atrocement besoin de tous ces souvenirs. J'ai besoin de savoir qu'un jour il a été là et qu'il m'a aimée et que tout ça s'est produit. Je sais bien qu'il est plus là et qu'il ne reviendra pas, jamais, même en temps qu'ami, et au fond si nous redevenions amis ce serait trop horrible à vivre. Même si notre merveilleuse amitié basée sur l’ambiguïté de notre attirance réciproque à demi-avouée (enfin, clairement avouée de mon côté)(la première fois que je lui ai dit que j'étais amoureuse de lui, j'étais en seconde, il m'a répondu "je sais". La dernière fois que je lui ai dit que je l'aimais, il m'a dit qu'il avait besoin d'être seul un moment et de se reposer. Il m'a quittée deux jours après) me manque beaucoup.

On me dit souvent qu'il n'avait rien d’exceptionnel. Mais c'est faux. J'ai perdu la seule personne qui m'avait aimée réellement, je veux dire qui m'avait aimée en me connaissant mieux que quiconque. J'ai perdu la seule personne qui m'écoutait toujours même s'il savait jamais comment me réconforter quand j'allai mal (en fait, il y arrivait très bien même quand il disait rien). Et j'ai perdu la seule personne à côté de laquelle je me suis jamais sentie seule. Est-ce que ça suffit pour dire qu'il était exceptionnel ?

ça fait quatre mois déjà. Je me suis beaucoup battue pour aller bien. Ma psy m'a sorti l'autre jour "vous faites preuve d'une grande force face à cette rupture". C'est pas vrai. C'est pas ma force à moi, c'est celle qu'il avait donnée à la fille aux cheveux rouges progressivement bleus à force de lui dire qu'elle était unique et merveilleuse.
Des fois je me demande pourquoi je m'acharne autant à faire de ma vie un truc bien malgré tout, malgré le contexte familial un peu nul en ce moment, malgré le fait qu'il soit plus là. Je me demande vraiment à quoi ça sert. Ce serait plus simple de combler le vide avec n'importe quelle substance chimique qui te colle un sourire jusqu'aux oreilles ou des pleurs artificiels sur les joues. D'ailleurs c'est ce que je fais parfois. Je m'entoure de gens joyeux et de paradis artificiels histoire de laisser ce fardeau loin de moi. Je le reprend la nuit, quand j'ai le droit de craquer. Des fois j'ai le courage de transformer les larmes en bouts de mon roman et je m'endors le cerveau plein d'idées et d'histoires. Des fois je pleure juste en me disant que la vie n'est qu'une salope. Puis je me souviens que la vie est ce que tu en fais. Alors je lis. Beaucoup. Pour oublier jusqu'au matin.

ça fait mal.

mercredi 26 février 2014

Les JO d'hiver de Sotchi

J'ai un ami, il lit mon blog. Et il m'a dit de parler des JO de Sotchi. Je lui ai dit qu'il avait qu'à le faire lui-même. Alors il l'a fait. Bref.
Je vous offre, en exclusivité, l'article de mon ami le vénitien. Qui ne vient pas de Venise.

*****

Ils ont fini il y a trois jours. La France a battu son record de médailles. J’adore regarder les sports d’hiver. Tout a l’air beau dans le meilleur des mondes, comme dirait un certain personnage de Candide. Tout, oui, si l’on omet  le fait que ces JO ont bien lieu en Russie, oui, oui le pays le plus respectueux des droits de l’homme sur cette planète. Il est vrai que le boycott à mon échelle ne serait pas très utile, et que, même si ma conscience me titille, je suis faible et n’ait pas la force de ne pas regarder ce « grand événement sportif ». Pourtant, plein de bonnes raisons : commentateurs de merde (je renvoie vers Charlie Hebdo « des JO de merde, commentés par deux trous du cul »), ont lieu en Russie, événement réalisé dans l’optique de faire du fric, CIO hypocrite…
 Bref, le problème le plus important est bel et bien celui-ci : pourquoi les grands événements sportifs sont-ils donnés aux dictatures (ne cachons pas la vérité, même si elle est dure) ? JO 2014, JO 2008 à Pékin (évidemment) qui redemande pour 2022, je crois ; CDM de foot 2022 et de handball 2015 (ah la beauté du Qatar et des Emirats)…

Le CIO, « dirigé par des fachos », comme diraient certaines personnes, dira que c’est pour étendre la démocratie aux pays concernés, le sport apportant, pour faire court, « paix et liberté ». Le problème est que les Etats utilisent l’obtention des événements pour promouvoir leurs régimes, le montrant sous le meilleur jour possible, alors que la vérité reste sombre, très sombre, et est cachée par le sport. 




jeudi 20 février 2014

"No se equivoca en el nombre : el mundo esta dividido entre los indignos, y los indignados"

J'aimerai que le monde soit plus juste.

Que ceux qui nous gouvernent soit aptes à nous gouverner, et que nous qui décidons de qui nous gouverne soyons rendus aptes à décider. Grâce à notre éducation. Aussi, j'aimerai ne pas passer tout mon temps jusqu'à mes 18 ans clouée huit heures par jour sur une chaise afin d'apprendre à être stupide et à penser comme on veut que je pense. Et quand je serai en âge d'avoir un métier, je voudrais pouvoir faire quelque chose que j'aime faire. Et je voudrai que tout le monde puisse faire pareil, que chacun soit libre et encouragé à donner le meilleur qu'il a de lui-même.

Je voudrais que l'argent cesse d'être le truc au-dessus de la pyramide et qu'on place la vie au centre de tous nos actes. Et par vie j'entend aussi bien être humain qu'arbre ou animal.


J'aimerai que si dans la rue une femme décide de mettre une jupe, personne ne se retourne sur elle pour la traiter de chaudasse, ou lui glisser un "oh charmante !". Ce qui revient au même.


J'aimerai que les gens qui s'indignent devant la vidéo d'un type qui frappe un chat s'indignent aussi quand la France exploite des Nigériens pour produire de l'uranium.
D'ailleurs j'aimerai que les gens sachent. Que les gens s'intéressent, cherchent à savoir ce qui se passent dans le monde, qu'est ce qui se cache derrière leur téléphone portable ou leur steak.
Et j'aimerai qu'on puisse acheter un téléphone sans que qui que ce soit ait dû travailler dans une mine pour en fabriquer les circuits. Sans que personne soit mort pour, d'ailleurs.

J'aimerai que les gens arrêtent de mourir de faim à côté d'autres qui jouent au golf en plein désert. Et que personne ne puisse posséder trois maisons alors que d'autres n'ont que le sol pour plancher et le ciel pour toit.

Quand j'achète quelque chose, j'aimerai ne pas avoir à me demander qui est mort pour que je puisse l'acheter. Ni combien sont morts.

Et aussi.
J'aimerai qu'on cesse de me dire qu'on ne peut rien y faire. 
Parce que c'est faux.
Parce que quand tu vois quelque chose qui t'indigne, tu peux le partager. Tu as Twitter, Facebook, Youtube, une boîte mail, un téléphone, une voix. Et dans cette petite chose magnifique qu'est la démocratie (si tu veux tout savoir, j'aime pas la démocratie. Mais j'aime rien, moi, je suis Grincheux dans Blanche Neige), tu as le droit (une fois que tu as bien rameuté des gens sur facetwitt) de descendre dans la rue. De lever le poing et de crier que t'es pas d'accord. Et tu vas vite voir que tu n'es pas seul à pas être d'accord.

"Descend dans la rue. Créé un autre monde"


Et je pense que si tout le monde se met à se révolter, il faudra bien qu'à un moment les gens du sommet qui veillent à ce que le système marche bien et qui passent leur journées à vider des burettes d'huile dans les rouages chaotiques à la mécanique essoufflée de notre cher vieux système baissent les yeux sur nous. Et nous prennent en compte.

Et j'aimerai qu'on soit plus nombreux à s'énerver. Parce qu'il y a trop de choses horribles qui se passent, et que même si nous n'avons pas tous la possibilité de changer les choses, nous avons au moins la possibilité de dire qu'il faut les changer.

"Nous ne sommes ni politiciens ni syndiqués. Nous sommes des citoyens indignés"

C'est déjà un grand pas.